Je peux effectivement deviner que ce n'est pas une "mince affaire" de lancer, faire grandir ce
club:
1/ vis à vis des étiquettes politiques, votre environnement, votre encadrement;
2/ envers nos concitoyens dont on peut comprendre le désintérêt, le découragement ou simplement la colère.
Des sentiments finalement bien humains et bien légimitimes au regard de la médiocrité, de l'incompétence notoire et de la malhonnêteté qui nous sont régulièrement
et globalement servis par les deux tendances politiques majoritaires depuis 1970. On le vit, on
en parle entre nous assez souvent... entre citoyens, sans bonnet phrygien, sans estampille viande bovine française non plus! On sait que celles et ceux qui n'y connaissent
rien nous considérent comme des veaux, des bouseux, des banlieusards bobos ou cailleras!
Plus sérieusement, combien de gens de "droite ou de gauche" ai-je croisé ces vingt-cinq dernières années qui
ne se reconnaissent plus dans la conviction bleue ou rose? Combien de gens rose à la main un soir de mai 1981 ont déchanté devant l'inexemplarité, les choix douteux (en plus haut lieu)
jusqu'à "faire le lit" d'un parti extrêmiste histoire de régner davantage? Combien de Français issus d'origines diverses, fils, petit-fils de gaullistes se sentent souillés, humiliés par
la récupération de ces droites atlantistes, affairistes, aux allures monarchistes qui se sont succédées?...
Ces deux principales formations ont donc favorisé l'émergence du parti majoritaire des invisibles, "des abstentionnistes", non comptabilisés bien sûr, qui n'a aucune bonne raison d'espérer en
allant voter ; le capital naïveté a été consommé, rongé, -que dis-je- bouffé et de surcroît transmis d'une génération à l'autre... C'est très grave.
Faudra t-il recommencer ce qui s'est passé entre 1789 et 1799? Régler ses comptes entre
CSP? Entre faibles et puissants? Entre institutions et citoyens? Entre clients/salariés d'un côté vulgarisés comme centres de coût et de l'autre management/actionnariat obnubilés par
le bénéfice instantané/la perception de dividendes? Entre les invisibles, les effacés, et ceux que l'on entend trop, que l'on voit abusément... Mais qui travaille finalement dans ces
élites? Quand? Qui nous rend des comptes semestriellement, annuellement? Travaillent t-elles/ils à bon escient et spontanément? En sont-ils/elles encore capables?... Pourquoi faut-il
porter trop souvent à la connaissance du grand public leurs dérives, pour que des changements de comportements s'opèrent et que les attitudes deviennent soudainement éthiques? Pourquoi en
France faut-il toujours une bonne dose de conflictuel pour arriver à une malheureuse table de négociations et instaurer un dialogue entre intérêts divergents? Notre classe politique
est-elle à ce point et majoritairement de mauvaise foi, nombriliste, condescendante et menteuse?... Nos représentants ont-ils bien conscience de l'ordre de mission, de l'obligation de
résultat que nous leur ordonnons? Ont-ils bien compris que nous sommes "les patrons", nous la masse, les quelques 60 millions de citoyens?
Aujourd'hui la masse en a ras le bol, d'être prise pour plus imbécile, plus demeurée qu'elle ne l'est en
réalité. Et oui, "les vrais ennemis de la société ne sont pas ceux qu'elle exploite
ou tyrannise, ce sont ceux qu'elle humilie". Merci M. Bernanos. Il est invraisemblable
et insultant de constater que tous ces septennats, quinquennats aient été symbolisés -au mieux- par une productivité minime et de graves manquements à l'intégrité dans
l'exercice des fonctions pour lesquelles ces gens de la France d'en haut ont été mandatés. Quelle perte de temps, combien de tromperies, de gaspillages?...
Le Conseil National de la Résistance restera t-il encore longtemps une/la meilleure qualité politique qui
n'ait jamais existé de la Ière à la Vème République? Comment expliquer qu'en l'espace de quelques mois, ces gens aient été capables, malgré bien des différences de
convictions de mettre en place un échaffaudage politico-économique durable, cohérent qui régit encore un peu notre vie de modestes citoyens. L'honnêteté? L'intérêt général des
Français? L'abnégation? Des valeurs entières ne servant ni de paravents ni de faux semblants? Pourquoi n'est-on pas en mesure, aujourd'hui d'avoir des professionnels sincères,
désintéressés? Des pragmatiques à effet immédiat comme lorsque des fameuses "mesures applicables dès la libération" ont été semées, portant rapidement leurs fruits dans le
quotidien de nos ascendants et dans une France en cendres?
De plus en plus de nos compatriotes n'ont plus une once de crédibilité envers le politique. Ce
dernier n'a d'ailleurs plus la main sur grand chose et d'en bas, on a fortement l'impression qu'il n'a jamais vraiment maîtrisé le sujet ; soit complice, soit sous la coupe des marchés, de la
finance mondiale, des lobbies et autres corporations qui sont les véritables éminences grises, les véritables gouvernants, ce à quoi nous sommes asservis. Afin que la gouvernance
mondiale s'établisse pour de bon, en pulvérisant au passage ce qu'il reste de notre beau pays? "Les présidents de la République" à venir se contenteront-ils de faire l'interface, les
transmetteurs d'ordres entre les organisations internationales et nous?
Car demain (en 2012?) on nous demandera à nous autres, les invisibles, de nous laisser convaincre à grands coups de broyages et de battages du quatrième pouvoir... Avec un habituel répertoire tout
droit sorti du catalogue de promesses électorales savamment ressorti, revu, répété par les brillantes équipes de com'... "Les promesses n'engagent que celles et ceux qui y croient"... Et plus c'est gros, plus aisée est la lobotomisation des
masses que nous sommes. A quand un/e candidat/e avec un programme simple, précis, faisable, léger? Sur deux, trois axes par exemple: finances publiques, guerre contre le chômage, développement durable. Cela implique déjà beaucoup de travail (car de nombreux sous-thèmes). C'est d'ailleurs suffisant : étant donné
que le haut de l'organigramme n'a jamais su résoudre ces problèmes depuis 1973, date du premier choc pétrolier.
Pour celles et ceux qui auront encore un zeste de lucidité tout comme la force d'aller voter (?) on se
retrouvera devant les mêmes choix, de femmes ou d'hommes qui briguent un énième mandat, -le suprême- et qui ont "besoin de notre confiance" pour tenter "de relever la France"... une
énième fois. On les entend déjà. Les invisibles se retrouveront face à ces menus ordinaires, ces interrogations banales: "quel est le "moins pire"? Lequel semble le plus honnête, le plus
rationnel? Appartient-il/elle à un establishment ? En a t-elle/il été, comme par exemple Pompidou ancien cadre chez Rothschild? A t-il/elle eu des casseroles?... "&
so on" comme disent les anglo-saxons.
Je vais m'arrêter car j'en déprime d'avance. Aussi pour ne pas définitivement défourailler vos
convictions de jeunes militants car on a quand même besoin de nouvelles têtes ; de nouvelles forces comme vous pour tenter "de faire bouger les lignes", selon le champ lexical en vigueur. Les
vieux tigres vous laisseront-ils le champ libre? Quand mélangera t-on dans ce pays
(donneur de leçon planétaire en terme de droits de l'homme, entre autres) des gens aux responsabilités issus du bas de la société civile à ceux aux cursus classiques : ENA,
Sciences-Po,...?
Citoyens, lorqu'ils viendront vous démarcher pour le bout de papier (pardon le bulletin de vote), exigez la
qualité de service, le SAV c'est très important; le vote ou le fait que vous votiez pour eux ne leur donnent pas l'autorisation de faire ce que bon leur semble. Demandez la constitution de
leurs équipes, dir cab, conseillers, car ce sont eux qui sont chargés de notre monde, de notre avenir et de ceux de nos descendants. Soyez exigeants, sévères, utilisez l'impératif présent s'il
le faut, en restant zen. Pour une fois retrouvons le sens de l'intérêt général, en voyant plus loin que le bout de notre nez... Ah si l'on pouvait trouver celui ou celle qui pourrait dresser cette économie sauvage!
Bon courage &/ou bonnes vacances les "co-prez" ainsi qu'à tous les membres du
CCE.
Pour la note culturelle, ci-dessous le 1er couplet de "Spirits in the material world" (puisque c'est ce que
nous sommes finalement) écrit par un certain Sting, interprété par l'excellentissime trio The Police en 1981.
There is no political solution
To our troubled evolution
Have no faith in constitution
There is no bloody revolution
We are spirits in the material world