Membres du Club:

Adrien Lafit
Fabrice Risi
Vincent Fremont
Gilles Saulière
Damien Mariller
Clément Molina   
                                                                                                                                                                                                                    Audrey Breysse                                                                                                                                                                                                   Nadine Breysse

François-Xavier Tate

Matthieu Pinatton
Aurélien Albiac
Julien Ghomi
Emilien Ghomi
Jan Synowiecki (secrétaire)
Mario Messia
Mickael Benharous
Lydie Morin
Bruno Potier (vice-président)
Virginie Votier (vice-présidente)
Claude Laigle
Emmanuel Swann (trésorier)
Clément Joly
Samir Hilderal
Nicolas Chevalier-Roch

Julien Proffit
Hadrien Ghomi (co-président)
Benoît Breysse (co-président)

Devenez Membre du Club !

Vous êtes intéressés par les cafés-débats et vous voulez devenir membre du Club "Citoyens Engagés" ?
Laissez-nous vos noms, prénoms, coordonnées et responsabilités politiques ou associatives éventuelles sur
  clubcitoyensengages@gmail.com

  

Recommander

Mardi 15 juin 2010 2 15 /06 /Juin /2010 16:45

 

ouvriers-chinois.jpg

 

Les conflits salariaux qui se déroulent actuellement en Chine méritent sans doute davantage notre attention que bien d'autres événements. En quelques jours, deux entreprises de taille mondiale ont été confrontées à des revendications à la fois fortes et inédites : Honda et Foxconn, le plus grand sous-traitant électronique de la planète - où le malaise dépasse la seule question des rémunérations puisque une dizaine de suicides ont été constatés. Et le plus inédit est que dans les deux cas, ces firmes aguerries ont dû plier et accorder des hausses de salaire substantielles, autour de 20 %, pour une partie de leurs ouvriers.

 

Ces tensions sont porteuses de sens pour l'avenir à un triple titre. Sur le plan social, elles démontrent que les salariés chinois sont capables de révolte et prêts à braver les consignes d'un Parti communiste campé sur la fiction de « l'harmonie sociale ». Les ouvriers venus en masse des campagnes ne sont plus disposés à accepter les mêmes conditions de travail et de vie - notamment la flambée de l'immobilier, qui ressemble de plus en plus à une bulle -que leurs parents beaucoup plus conciliants.

 

La leçon est aussi économique. Les écarts de rémunérations restent et resteront évidemment considérables entre l'« atelier du monde » et, justement, le reste du monde. Ne serait-ce que parce  que l'armée de réserve (pour prendre un terme marxiste) de la main-d’œuvre peu qualifiée est immense. Mais, peu à peu, pas à pas, la Chine entame sa mutation économique : le rattrapage salarial est en cours pour les cadres de haut niveau et le fossé va arrêter de se creuser pour les ouvriers.

 

Enfin, sur le plan politique, c'est une question qui est posée à Pékin. Le gouvernement doit arbitrer entre sa volonté de continuer à séduire les investisseurs internationaux avec sa compétitivité coûts et sa promesse de rééquilibrer la croissance chinoise vers le pouvoir d'achat et la consommation intérieure. Il n'est pas impossible que la stabilité du régime dépende en partie de son choix.

 

Hervé-Mélaine AGBESSI, militant du PS

Par Hervé-Mélaine Agbessi
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 10 juin 2010 4 10 /06 /Juin /2010 18:26

photo-reforme-des-collectivites-territoriales

L’Assemblée Nationale vient de voter la réforme des collectivités avec 276 voix contre 240. Cette réforme se voulait résolument ambitieuse et s’est appuyée sur le travail de la commission Balladur dont le sous titre était  «Il est temps de décider »…. !

Force est de constater que malgré la volonté légitime et salvatrice du gouvernement, le projet de loi initial a été fortement « édulcoré » notamment par les Sénateurs… Ces derniers sont certes légitimes et garants de notre démocratie mais la tentation du conservatisme a été trop forte sur la nécessité pour le pays et pour les territoires de rationaliser le « millefeuille » des collectivités locales.

La réforme doit pouvoir renforcer la décentralisation et notamment l’intercommunalité et, en même temps, simplifier les structures territoriales de notre pays.

La création du conseiller territorial est une mesure importante mais reste plutôt dans la symbolique et ne traite pas le fond du problème. Espérons que la loi saura impulser une dynamique de fusion et de simplification des structures intercommunales….Mais attention il faut se poser les bonnes questions : quel sera le bon niveau d’intervention ? Avec quels moyens ? Avec quels acteurs : quel sera le devenir des deux administrations départementale et régionale ? On peut même se demander si c’est à un acteur public ou privé d’intervenir… il ne faut pas être dogmatique mais plutôt se dire quel problème se pose, comment le résoudre et comment agir…

La transition entre la réforme des collectivités et la suppression de la Taxe professionnelle est toute trouvée…. La réforme des collectivités doit aller de paire avec la refonte de la fiscalité locale. En effet les recettes se font de plus en rares en période d’incertitudes économiques, il est donc temps que les collectivités se regroupent afin de réaliser de substantielles économies d’échelles….

Cette suppression de la Taxe professionnelle est une bonne mesure saluée par un grand nombre d’observateurs.  Cet impôt pesait lourdement sur l’investissement même si au fil des réformes la TP avait perdu de son contenu…

Toutefois, en période de récession, les recettes diminuent ce qui va contraindre l’Etat à devoir compenser le manque à gagner pour les collectivités…. Mais jusqu’à quand l’engagement de l’Etat de compenser sera-t-il tenable alors que la ressource à redistribuer provient des entreprises par leur contribution sur la valeur ajoutée (CVAE) ? Compte tenu des incertitudes qui pèsent sur la croissance et de la dette et du déficit public…

La marge de manœuvre va se réduire pour les collectivités mais il faut l’accepter car cette mesure est une opportunité pour nos entreprises de retrouver un dynamisme à un moment où elles  en ont bien besoin ... Dans mes prochains articles je vous parlerai du Grand Paris ou encore des polémiques qui encombrent le PAF...

Matthieu PINATTON, membre de l'UMP

Par Matthieu Pinatton
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 13 mai 2010 4 13 /05 /Mai /2010 01:33

9782130541844FS.gif

 

Sujet brulant de la rentrée 2011, la réforme des retraites suscite diverses réactions et discussions, une chose est certaine : il faut réformer le système des retraites actuel.

 

Le constat est simple et réel : la France compte aujourd’hui 16 millions de retraités, ils seront 18 millions en 2020 et 22 millions en 2050. Il y  a aujourd’hui 1,8 actif pour 1 retraité et il y aura moins d’1,2 actif pour un retraité en 2050. La France consacre déjà plus de 14% de son PIB au financement des régimes de retraites, ce qui constitue l’un des plus hauts taux d’Europe et le récent rapport rendu public le 14 avril dernier par le Comité d’Orientation des Retraites précise qu’aujourd’hui, 1 retraite sur 10 n’est pas financée. A ce rythme, 6 retraites sur 10 ne le seront pas en 2030, et le déficit annuel, de l’ordre de 32 Mds d’euros en 2010, sera supérieur à 100 Mds d’euros en 2050. Réformer le système des retraites est donc une nécessité et fait consensus : tous les partenaires sociaux ont reconnu ce problème de déséquilibre financier.

 

Afin de réformer le système des retraites, trois solutions peuvent être envisagées :

-diminuer le niveau des pensions (impensable aujourd’hui),

-augmenter le niveau des cotisations (avec les conséquences que cela pourrait produire sur l’emploi, le pouvoir d’achat des actifs et la compétitivité de nos entreprises),

-augmenter la durée de cotisation.

 

Cette dernière solution parait être la plus réaliste et la plus probable, et ce pour plusieurs raisons : si on compare par rapport à nos voisins européens (Allemagne, Grande-Bretagne, Espagne…), l’âge de départ à la retraite est supérieur à 60 ans pour ces pays (voire même à 65 ans pour l’Allemagne). La France est le pays ou nous rentrons sur le marché du travail le plus tard, ou nous travaillons le moins (35H) et ou nous partons à la retraite le plus tôt (60 ans), sans parler de l’allongement de la durée de vie. Cotiser plus longtemps suppose donc de repousser l’âge légal de départ à la retraite et/ou d’augmenter le nombre de trimestres nécessaires à l’acquisition d’un taux plein.

 

Compte tenu de ces éléments, il parait donc inéluctable que l’allongement de la durée de cotisation et une augmentation de l’âge légal de départ à la retraite soit les solutions idoines, tout comme une convergence entre les systèmes de retraite pour le privé et pour le public est souhaitable.

 

D’autres solutions (comme trouver d’autres sources de financement pour nos retraites) sont-elles possibles ? Il ne faut écarter aucune piste de réflexion car c’est par le dialogue entre l’Etat, les partenaires sociaux et les différents partis politiques que nous pourrons aboutir à une réforme juste, équitable, afin de préserver notre modèle de système de financement par répartition.

 

Pour conclure, comment ne pas citer ces quelques vers d’Arthur Rimbaud : « Que rien ne t'arrête, auguste retraite ». A bon entendeur …

 

Clément JOLY, membre de l'UMP

Par Clément Joly
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 28 avril 2010 3 28 /04 /Avr /2010 00:00

television.gif

 

« Les médias sont pour les intellectuels une menace comme le fut pour les écrivains la mondanité ». Cette vision peu flatteuse du monde médiatique, présentée par Pierre Nora dans son ouvrage A l’orée de la forêt vierge, semble mettre en exergue l’influence néfaste qu’exercent les médias de masse sur le contenu des travaux réalisés par les intellectuels.


Nous assistons, en effet, depuis plusieurs années, à une sorte de « mise au pas » de l’intellectuel moderne face aux journalistes, nouveaux détenteurs du pouvoir temporel. Le marketing éditorial des médias, la détérioration de la qualité d’analyse des « savants », et la dépendance quasi-vitale des intellectuels à l’égard de leur visibilité médiatique, sont autant de signes inquiétants pour l’état de notre démocratie.


Force est de constater que l’intellectuel ne se pose plus aujourd’hui en critique du monde des médias. A ce titre, le philosophe Gilles Deleuze critiquait l’essor d’« une pensée-interview », symbolisée de nos jours par l’émergence de « talk-shows » à la française. La réception de plus en plus fréquente d’acteurs politiques, de sociologues ou de philosophes sur les plateaux d’émissions de divertissement correspond à ce que le sociologue Pierre Rimbert appelle « la mort de l’intellectuel moderne ». Sous prétexte de vouloir rapprocher les citoyens des grands penseurs de notre société, ces programmes ont pour seul effet de transformer l’intellectuel en un vulgaire vendeur de livres au service de l’idéologie consumériste.


Au-delà des conséquences premières d’un rapprochement entre médias de masse et intellectuels, l’atteinte au principe d’indépendance des penseurs semble au centre de la problématique. Pierre Bourdieu faisait déjà part de son indignation en affirmant que « l’on est amené à douter vraiment de l’autonomie subjective des écrivains ». Devant s’en remettre à la bonne volonté du journaliste, l’intellectuel est contraint de ne contribuer qu’au large consensus ambiant que constitue le prêt-à-penser médiatique. Lors de la parution de l’ouvrage polémique La face cachée du Monde de Pierre Péan, peu de penseurs français se sont risqués à prendre position, car dépendants pour la plupart du quotidien. Certains universitaires, conscients du danger qui menace le monde intellectuel, tentent en vain de sensibiliser les citoyens de cette manipulation de masse en insistant sur le caractère anti-démocratique de la constitution d’un tel « cartel de puissants ».


Les disparitions de nombreuses figures intellectuelles à l’image de celles de Jean-Paul Sartre ou de Michel Foucault ont marqué la fin d’une période essentielle dans l’originalité du monde intellectuel français. De nombreux sociologues contestent, avec raison, le fait que Bernard-Henry Levy ou André Glucksmann puissent être présentés comme des « intellectuels » par les journalistes français. Ces deux individus revendiquent leur connivence avec les médias et « ne sont, en aucun cas, dans une situation d’opposants » comme l’affirme très justement le journaliste du Monde Diplomatique, Ignacio Ramonet. Or, gardons à l’esprit la définition que donne l’écrivain Philippe Sollers de l’intellectuel, citoyen qui, selon lui, est « dans l’opposition par essence, par principe et par nécessité physique ». Ayant abandonné tout désir de changer en profondeur la société néolibérale dans laquelle nous vivons aujourd’hui, les « nouveaux penseurs » français ont contribué à la mort de l’intellectuel moderne. L’ouvrage de Michel Surya intitulé Portrait de l’intellectuel en animal de compagnie décrit « des ambassadeurs du libéralisme et du capitalisme » ayant sacrifié leur liberté de pensée aux dépens du pouvoir « médiatico-financier ». En d’autres termes, « leur conscience politique s’accommode de l’ordre dominant ».


Dans les nouveaux chiens de garde, Serge Halimi fait part aux lecteurs de la proximité existante entre journalistes et intellectuels qu’il qualifie de « collusion d’intérêts allant à l’encontre des principes démocratiques ». Il critique également, et ce à juste titre, l’existence d’une forme de « bourrage de crâne » organisée par les principaux médias comme en témoigne la propagande relayée sur toutes les chaînes de télévision appelant indirectement ou parfois de manière tout à fait explicite les téléspectateurs à se prononcer en faveur du « oui » au Traité constitutionnel européen de 2005. Selon Régis Debray, « l’intellectuel héritier du nom est à la fois le continuateur du dreyfusard et son contraire. L’intellectuel français, qui fut un éclaireur, est devenu un exorciste ». Si l’intellectuel sous sa forme originelle a en effet anticipé son siècle, il a, dans sa phase terminale, tourné le dos au sien et ne lui fait face que très exceptionnellement. A présent, la société médiatique impose sa loi et n’autorise plus de critiques à l’encontre de ses méthodes ou de son mode d’organisation. Les quelques penseurs restants ont décidé, pour la plupart, de laisser de côté leur liberté de ton dans le simple but de participer au « grand cirque médiatique » de la vulgarisation de leur travaux de recherche.


S’ils veulent exister médiatiquement, les penseurs se doivent d’assister à des émissions télévisées aux côtés de sportifs, chanteurs ou autres, ce qui décrédibilise le message qu’ils ont à transmettre. Cette réflexion nous amène à la question inhérente au schéma médiatique actuel. Certains choisissent de perdre leur liberté de parole en échange d’une visibilité médiatique particulièrement attrayante tandis que d’autres pratiquent le contre pouvoir, ne récoltant ainsi ni couverture médiatique, ni revenus importants mais obtenant la plus grande récompense qui soit, le respect de l’éthique et de la morale.


Hadrien GHOMI

Par Hadrien Ghomi
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Dimanche 25 avril 2010 7 25 /04 /Avr /2010 15:45

 

70172.JPG

 

La réforme du statut des grandes écoles constitue l’épine dorsale d’un remaniement du système éducatif. En dépit de son apparente secondarité – pourquoi se soucier d’une infime fraction de la population étudiante –, les grandes écoles touchent plus profondément à un imaginaire national, à une fierté, comme un totem sacré qu’on ne saurait toucher. Intimement liées à la conviction républicaine du mérite, elles représentent pour beaucoup de nos concitoyens l’univers exclusif de l’excellence.

 

Pourtant, ce système des grandes écoles apparaît aujourd’hui comme largement sclérosé par une reproduction sociale, qui atteint des niveaux faramineux pour certaines d’entre elles (l’Ecole Normale Supérieure, les Hautes Etudes Commerciales, l’Ecole Nationale d’Administration, Polytechnique, les Mines…). Elitistes, conservatrices, archaïques… Les mots ne manquent pas pour qualifier ce monde clos et réfractaire à toute tentative de réforme.

 

Marc Bloch – ce visionnaire – écrivait déjà dans L’Etrange défaite :


« Nous formons des chefs d’entreprise qui, bons techniciens, je veux le croire, sont sans connaissance réelle des problèmes humains ; des politiques qui ignorent le monde ; des administrateurs qui ont l’horreur du neuf. A aucun nous n’apprenons le sens critique, auquel seuls (car ici se rejoignent les deux conséquences à l’instant signalées) le spectacle et l’usage de la libre recherche pourraient dresser les cerveaux. Enfin, nous créons, volontairement, de petites sociétés fermées où se développe l’esprit de corps, qui ne favorise ni la largeur d’esprit ni l’esprit du citoyen.


Le remède ? Une fois de plus, il faut, dans ce premier schéma, renoncer au détail. Disons seulement, en deux mots, que nous demandons la reconstitution de vraies universités, divisées désormais non en rigides facultés qui se prennent pour des patries, mais en souples groupements de disciplines ; puis concurremment avec cette réforme, l’abolition des écoles spéciales. »


En outre, l’esprit de caste – et d’arrogance – savamment entretenu au sein de ces écoles ne débouche que sur la constitution de réseaux solidement enracinés, et dont bien des sociologues et journalistes ont alerté de la nocivité ; tout cela contribuant à des logiques d’exclusion encore plus nuisibles. Aussi, un concours passé à 20 ans vaut pour certificat de compétences à vie et détermine une prédestination sociale scellée à jamais. La mission des grandes écoles, qui plus est, a été amplement dévoyée.

 

A l’heure où une grande majorité des Polytechniciens et des Mineurs trustent les plus hauts postes de la finance, il y a matière à s’interroger sur le rôle de ces écoles qui avaient pour objectif de former des ingénieurs et chercheurs de haut niveau… Outre le fait qu'elles sont socialement discriminantes, les grandes écoles le sont aussi humainement, puisqu'elles multiplient les entraves aux personnes en situation de handicap par exemple - en leur imposant des procédures administratives kafkaïennes génératrices d’exclusion. Cet aspect là n’a été que trop rarement souligné, mais doit faire l’objet d’une réflexion et d’une attention accrues.

 

Voici les propositions qui pourraient constituer autant d’éléments pragmatiques et applicables dans le cadre d’un projet de réforme véritablement constructif et alternatif de l’enseignement supérieur :


1. Alain Renaut, professeur de philosophie à la Sorbonne, a souligné que l’enseignement supérieur français consacre 30% de son budget aux élèves préparant des grandes écoles… Qui ne représentent que 4% du corps étudiant ! L’écart budgétaire entre universités et grandes écoles constitue la première sonnette d’alarme qu’il convient de tirer. Une meilleure répartition du budget de l’enseignement supérieur au profit de l’Université conduirait à rendre celle-ci plus attractive. Qui peut se satisfaire du fait que l’on consacre deux fois plus d’argent à un élève de classe préparatoire qu’à un étudiant de l’université ?


2. Dans ce cas, pourquoi ne pas chercher à affilier les classes préparatoires aux universités, à les rattacher « à leur source d’excellence professorale » ? Ce rapprochement permettrait de mettre fin à ce système préparationnaire oligarchique et digne de l’Ancien Régime en rendant visible un enseignement d’excellence au plus grand nombre. En attendant de parvenir à une suppression des grandes écoles, il conviendrait dans un premier temps d’élargir leur recrutement, en postulant que le concours ne peut constituer la seule voie d’accès – car profondément discriminante et inégalitaire en réalité – à ces écoles. Les admissions parallèles doivent être multipliées afin de faire éclater des cloisons qui concourent à conforter ces mécanismes de reproduction sociale que Pierre Bourdieu a si bien mis en exergue. C’est à ce prix que l’on peut mettre fin à l’apartheid scolaire ultra-sélectif qui ruine toute tentative d’enrayer ce malthusianisme aberrant. C’est aussi à une véritable prise de conscience de la multiplicité des intelligences qu’il faut parvenir, alors que les concours ne sanctionnent que des pré-requis sociaux et culturels bien peu soucieux de la personnalité des individus, de leurs compétences autres que celles que l’on peut apprendre dans les livres.


3. D’autres modalités que le concours doivent également être envisagées dans le but d’enrayer ce fléau qu’est la prolifération de prépas privées, permettant aux personnes les plus aisées – en dépit de tout mérite – d’accéder à ces écoles de renommée nationale, voire internationale. En outre, le fait que bon nombre des sujets tombant aux épreuves de concours aient été abordés au sein de ces prépas semble relever du paranormal. Nous réclamons donc, en voie de conséquence, la suppression de ces prépas privées, retranscriptions symboliques d’un système inique où seuls les plus riches ont de droit et de fait, accès aux positions les plus élevées.


4. Accélérer la fusion entre universités et grandes écoles apparaît comme un impératif qui découle de la première proposition. Ce qui est en train de se réaliser actuellement sur le campus de la Cité Descartes à Marne-la-Vallée est à cet égard exemplaire, avec le regroupement entre l’ESIEE, l’Université Paris-Est et l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées, mais aussi le PRES Lyon ou encore le PRES Bordeaux. Disloquer progressivement les écoles dans les universités pourrait constituer une alternative « douce » à la nécessaire réforme de l’enseignement supérieur, et constituerait un atout considérable pour le développement de la recherche.

 

Charles IMBERT et Gabriel MONTEIL

Par Charles Imbert et Gabriel Monteil
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus